Montclar

Affiche CWA 2011

Flyer-country-2011

La lettre CWA










C’est l'histoire d'un cowboy à Saint Jean Montclar
C'est l'histoire d'un cowboy à St JeanIl est un petit coin de paradis en France où le cowboy est roi : Saint Jean Montclar et ses environs, dans les Alpes de Haute Provence. En surplomb du lac de Serre-Ponçon, dominé par le Dormillouse culminant à 2500 m, le plateau de la Chau s’étale à 1500 m, enlacé d’une immense écharpe de mélèzes, sapins, sorbiers, bouleaux, noyers… Depuis vingt sept ans, nous évoluons dans cette région avec nos enfants, à pied, à cheval, en V.T.T., en 4x4, en rafting, en parapente ou accompagnés d’un âne de Provence (croix de Saint André noire sur le dos). L’âne, animal très rustique est très intelligent comme le spécifie depuis des générations la vraie histoire du bonnet d’âne à l’école pour rendre plus intelligent le « cancre », qu’avait mis au coin de la classe nos premiers instituteurs.
Je vais vous raconter une randonnée récente, formant équipe avec ma compagne de toujours, cowgirl dans l’âme : Rosemonde, et une ânesse nommée Princesse, louée à un voisin. Cette dernière a un rôle très important : porter les bagages. L’inconvénient, c’est qu’elle n’en avait jamais porté et qu’elle avait toujours évolué sur le plat. Départ le matin, par les pistes de ski, qui, après quelques centaines de mètres, faisaient découvrir à Princesse que les efforts physiques en altitude donnaient chaud. D’où l’expression « transpirer et souffler comme un âne ». tous les moyens ont été bons pour la faire avancer. C’était mal parti, nous la laissions reprendre ses esprits et s’habituer à gérer ces nouvelles sensations. Après une progression lente, nous arrivons enfin sur le plateau de la Chau, habitat privilégié des marmottes. Un petit coup d’œil sur le chemin que nous venions de parcourir : Saint Jean Montclar en miniature, ainsi que le lac de Serre Ponçon se faufilant entre le Grand Morgon et ses montagnes environnantes de la chaîne des Alpes à perte de vue.

C'est l'histoire d'un cowboy à St JeanNous empruntons « le chemin militaire » qui va nous permettre de passer de l’autre côté de la montagne. Il est midi, le soleil frappe très fort sur les cailloux qui nous renvoient la chaleur. Nos vieux chapeaux de cowboy sont très utiles dans ces moments là. Lorsque nous nous asseyons sur un rocher à l’ombre d’une sapinette, pour boire la fameuse eau de source de Montclar, Princesse vient poser sa lourde tête délicatement sur ma cuisse et écouter un petit air d’harmonica que j’ai toujours eu plaisir à jouer lors des temps de repos et ce, depuis ma plus tendre enfance. Les endroits ensoleillés égaient tellement la nature, qu’elle nous caresse de ses odeurs les plus raffinées. Par contre les zones d’ombre nous offrent mûres, framboises, fraises acidulées, regorgeant de vitamines. Pour les myrtilles, il faudra attendre d’être plus haut et fin août. Avant de passer le Col Bas, un denier regard émerveillé s’envole sur la vallée de la Blanche, distinguant le mont Ventoux que nous grimpions jadis à vélo (routier) avec des copains ados.
Sur notre droite, le Pic Saint-Bernardez arbore fièrement sa grande croix des bois, plus loin et plus haute, l’Aiguillette dont il n’est pas permis à tous le monde de franchir les deux cent derniers mètres. En face, la Grande et la Petite Séolane en forme de dôme en roche claire, changeant de couleur à tout moment de la journée. Ma couleur préférée, c’est le soir : un rose légèrement orangé, contrastant avec la montagne en contrebas, déjà couverte de son habit de nuit. Il est midi, elles sont très blanches. Nous nous installons à l’ombre d’un sapin esseulé, comme si un paysagiste était passé par là, pour accueillir les randonneurs, ne pouvant prendre d’autre chemin qu’entre deux gros rochers presque cubiques ouvrant la porte sur le paradis. L’herbe est tellement serrée, épaisse, que nos corps semblent plus légers lorsque nos pieds touchent le sol. Sur notre gauche, nous apercevons à flanc de montagne, un immense troupeau de moutons tels des asticots blancs, faisant tinter leurs clochettes.

C'est l'histoire d'un cowboy à St JeanIl est dix sept heures, nous arrivons aux environs du lac du Milieu, ayant laissé le lac noir à notre gauche, car un passage de roche lisse incliné, n’aurait pas été possible pour Princesse avec son chargement parfois brinquebalant (de toute façon elle aurait refusé de passer). En montagne, tous les lacs sont différents par leur couleur, du fait de leur environnement. Il y a en a même un qui s’appelle lac des Neuf Couleurs. Un ruisseau court en méandres, de son murmure inégalé, au beau milieu de fleurs bleues et jaunes, enveloppant des cailloux d’où surgissent les reinettes faisant bon ménage avec des milliers de petites sauterelles qui ne cessent de danser lors de notre passage, comme pou nous souhaiter la bienvenue. En ces lieux conviviaux, notre compagne quadrupède daigne se désaltérer enfin. Nous traversons encore une grande prairie souple, parsemée de trous d’environs un mètre cinquante où l’eau et d’une transparence telle que l’on aurait envie de s’y tremper, mais elle est trop froide et nous avons trop chaud. Arrivés à l’orée du lac, que nous n’apercevons qu’au dernier moment, calfeutré minutieusement par un anneau de sapins, nous prenons la photo de ce lieur paradisiaque aux berges dentelées de roseaux se reflétant dans l’eau bleue grâce au ciel ! de Provence.
Au bord, sur le souple, nous montons la tente en cinq minutes et cherchons du bois mort pour alimenter notre feu, entre quatre pierres des plus cubiques. Princesse a été brossée et bien soignée, l’herbe grasse est son plat préféré. Attachée à un arbre par la longue longe, elle est déjà prête pour la nuit, surveillant de son oeil protecteur et avec tendresse tous nos faits et gestes. Le Dormillouse nous domine du haut de ses 2500 m, se reflétant à nos pieds.

C'est l'histoire d'un cowboy à St JeanCe décor somptueux nous envoûte dans un silence que nous avons grand plaisir à écouter… Rosemonde prépare le rituel pastis et ses cacahuètes. Le rosé de Provence dans le lac surprend les poissons qui font leurs cercles lumineux, comme pour nous signaler d ne pas les oublier et de leur envoyer quelques petits morceaux de notre nourriture. Après un petit air d’harmonica au con du feu, c’est le moment d’aiguiser mon grand couteau de campagne sur un caillou, de façon à mieux tailler la petite fourche de bois sur laquelle nous embrocherons de grosses saucisses. Les pommes de terre dans du papier alu feront le reste, tout à coup, quel plaisir de voir passer à cent mètres de là, un chevreuil allant retrouver son lieu de nuit après avoir bu l’eau limpide du lac !
Après notre petite goutte d’Armagnac traditionnelle, nous voilà prêts à observer les étoiles plus scintillantes et notre amie la lune, qui veille sur nous en toute sérénité, gardienne de l’endroit par sa douce lumière. Etoiles filantes, avions grand courrier vont et viennent, nous plongeant dans une ambiance mystérieuse, rêvant aux voyages faits et à venir. La fatigue de la journée et l’alcool du soir (seul moment où il est consommable avec discrétion pour notre santé), car bien sûr en effort physique et en pleine chaleur, cela est fortement déconseillé.
Le matin, premier réveillé, je fais coulisser la fermeture éclair de notre petit abri. Je suis littéralement subjugué par cet immense écran me représentant une image de toute beauté, alors que Princesse va de son hi ! han ! Pour me dire bonjour et me rappeler qu’elle est toujours là. Rosemonde se réveille à son tour, doucement suite à ce sympathique rappel affectif, pendant que je fais chauffer l’eau de notre copieux petit déjeuner : lait en tube, café, corn flakes à volonté. Après quelques caresses et attentions envers Princesse, petit tour dans la nature oblige, d’où d’un point culminant, à quelques mètres, nous dominons la vallée de l’Ubaye et apercevons, en fond de tableau, Barcelonnette encore endormie.

Ces couleurs, rose, orange, blanche, grise, tous ces tons de bleus, verts, se mirant sur cette grande étendue lisse, nous emportent avec elles dans une puissante douceur, qui nous imprègne d’une certaine maîtrise nous aidant à survoler les mesquineries de nos égaux. Il est 11 h 00. après avoir chargé Princesse, nous décidons de descendre rejoindre la source pour nous réapprovisionner et le lac de la cabane où nous passions plusieurs jours autrefois avec les enfants, rejoignant le berger et son immense troupeau de moutons. Nous lui ramenions du pain frais, c’était la fête. Ces histoires du soir, dehors, autour du feu laissaient les enfants bouches et yeux béants ; puis, ils s’endormaient encore plus près des étoiles. C’est à ce moment là que notre ami berger sortant sa bouteille de génépi, nous conte quelques malheurs de sa vie, les larmes aux yeux. Une écoute attentive, quelques mots réconfortants, un petit air d’harmonica et nous allons nous coucher sur le plancher, tapis de gym et sacs de couchage, dans les combles de la cabane où nous accédions par un escalier échelle en bois, branlant à l’extérieur. Cette cabane, agrandie, toujours existante s’est transformée en resto d’altitude depuis une dizaine d’années pour la saison de ski, l’été, une partie est occupée par une bergère.
Peindre le paysage sur une planchette, couper du bois, faire chauffer l’eau de la source dans la bassine du berger pour se laver, rejoindre ce dernier avec ses moutons, ses chiens, derrière d’autres montagnes environnantes où l’herbe est encore toute fraîche, faisait parti de nos principales occupations de ces journées « évasions ». Notre gardien et protecteur de la nature partait dés 5 heures avec ses bêtes. C’était un peu tôt pour notre petite équipe, mais nous nous arrangions toujours pour casser la croûte à midi avec lui et faire la sieste. Il était étonnant de voir à quelle vitesse ces centaines de montons glissaient en masse bers la cabane aux abords de laquelle ils étaient parqués pour la nuit. Une petite cabane en pierres abritait les malades ou blessés dons les soins étaient prodigués par notre ami, qui en profitait pour raconter des histoires de moutons à Rémy et Lydie très bon public, très intéressés. Malheureusement cette petite « infirmerie » n’existe plus. Au coucher, il était amusant d’épier nos amis les loirs angora, noir et blanc, faisant briller leurs petits yeux malicieux entre les planches formant le plafond.
Après avoir marqué une pose en cet endroit nostalgique, nous être approvisionné en eau à la source, nous allons au bord du troisième lac, très différent, aux abords pentus et rocailleux. Une arbre, une petite plate forme d’herbe endroit idéal pour repas et sieste. Notre accompagnatrice est déchargée, brossée, mange et boit ce qu’elle veut, avec toujours cette curiosité de ce que nous sortons du sac à dos. Par moment nous sommes obligés de repousser sa lourde et puissante tête.
J’ai toujours eu plaisir à jouer de l’harmonica simplement pou moi et mon entourage lors de ces situations merveilleuses, vous comprenez mieux pourquoi mes yeux se ferment lors de certaines mélodies, car je m’envoie dans mes images souvenirs à cheval sur ces douces notes de musique. Voulant partager notre plaisir avec tous les humains imprégnés comme nous depuis toujours de cet « esprit » cowboy, j’ai le plaisir de vous annoncer que je suis le concepteur et réalisateur des Festival Country Western Altitude. Du jamais vu: messe "country western" et bénédiction traditionnelle du départ des pionniers.

Daniel CAHUZAC